ptiluc on ze road

Et si on se tirait dans le désert ?

11 novembre 2005

les tétines noires

Comme je vais normalement beaucoup rouler dans le sable, je me suis monté pour la première fois des vrais pneus genre
tous-terrains, des trucs avec des tétines énormes pour accrocher dans le sable et la boue.

brolom_brolom2

C'est assez bizarre sur les routes en bitume, ça fait un bruit à la con, puis la direction a l'air toute ramolo, puis je te raconte pas  l'effet grosse surprise garantie quand t'essayes de freiner un peu brutalement, avec cette roue avant qui ne repose que sur un petit cube en caoutchouc !
J'ai intéret à rouler cool pendant le premier millier de kilomètres sinon quand je vais arriver sur la vraie piste mes beaux boudins de cross ils seront devenus lisses comme des slicks, genre peau de bébé, et j'aurai pas l'air con au pied des dunes !

freinage_en_te_tines1 pouces

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12 novembre 2005

coloriages...

Au début, flambant neuve, ma moto était rouge pour sa première virée dans le désert, il y a treize ans déjà.... Après son gonflement de réservoir, elle est devenue d’un espèce de marron doré qui lui a tenu quelques virées...c’était des temps lointains où ma gonzesse acceptait encore de se ruiner l’arrière-train pendant des heures ... Puis d’un coup de Ripolin à l’arrache, elle a viré au beige et bleu pour sa grande traversée africaine. Mais là,je me suis dit que j’allais reverdir tout ça...à 123000 bornes, ça ne peut que lui redonner un peu de vigueur pour affronter une quatrième fois le désert. Avec, en plus, des petits pochoirs de rats, elle va sûrement galoper dans la dune la vieille bête !
Bon, d’accord, tout ça n’est pas vraiment très intéressant, mais c’est à dire qu’il fallait que je fasse des essais avec l’appareil numérique pour voir ce que ça donnait à l’écran en fonction du choix de format, alors comme dans les « commentaires » y’en a un qui voulait voir la moto avant le départ, j’ai bricolé vite fait ce petit chapitre sans intérêt...

la_gamme_couleur1

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16 novembre 2005

étape chez Yebah...

Hier c’était la veille du départ…un jour comme les autres ,où juste on range un peu mieux ses affaires, avant de fermer son sac .
Puis on se fait une sorte de  petit pot de départ avec sa gonzesse puis un copain  qui est toujours partant pour un petit pot de départ, ou d’arrivée aussi d’ailleurs, ou même d’anniversaire ou de rien du tout…on a pissé dans le jardin en regardant la pleine lune ,on s’est promis de prendre soin de nos vies et de celles de celles sans lesquelles on n’existerait pas et puis on est allé chacun s’effondrer .

Une première étape, ça doit toujours se faire chez un pote.
Comme ça, on est pas vraiment parti mais pourtant si !
On a ses bagages chargés sur la bécane, elle est là garée devant son  garage ; demain je pourrai partir sans me demander ce que je risque d’avoir oublié, c’est peinard .
En même temps, on peut causer en territoire connu, on est toujours un peu chez soi ; normal, les potes ça dit toujours « fais comme chez toi » , alors j’y suis !
On m’a fait boire une soupe chaude parce que le soir à moto, en novembre, on se refroidit très vite ; Après le pote à commencé à blablater, il est très fort en blabla .   
Demain, le deuxième étape va mener de Ventabren au port de La Joliette…un bon vingt bornes à se taper en deux heures,  faut y aller progressivement…

etape_chez_yebah

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19 novembre 2005

une p'tite traversée

C’est ça la magie de l’informatique et de mon nouvel asservissement à la technologie du blog : à l’heure où j’aurais dû me retrouver dans ma cabine sur mon bateau pour Tunis, me voilà échoué un peu bourré dans un rade sur le port de Marseille à me bouffer un couscous pourri en regardant passer le temps !

Donc voilà, ce matin je suis arrivé à l’entrée du port, y’avait un mistral à décorner un chopper, et j’ai appris que le bateau avait au moins six heures de retard….

Bon, c’est toujours comme ça les débuts de voyages, on est tout de suite confronté à des petits incidents qui te propulse immédiatement dans une réalité différente ; celle de l’ailleurs, de l’imprévu, du nomadisme chaloupé.

J’ai donc été me balader dans Marseille ; J’avais comme consigne de revenir avant deux heures pour le contrôle des douanes . au retour la porte du port était fermée…Super, un petit coup d’adrénaline avant le désert. Il a fallu un peu enquêter pour trouver un accès au port par une autre entrée. A moto, c’est plus simple, on peut remonter les files en sens interdit ou passer par les petits portails pour piétons.

Je me retrouve donc, après une demi heure dans la queue des bagnoles que je remonte discrètement jusqu’au début. Il y a là un motard belge plutôt bon garçon quoique que pas très cérébral quand même. Il roupille auprès de sa BM flambant neuve, il est descendu en une étape nocturne, accroché à ses 170 chevaux, alors il est un peu fatigué… Je me gare à côté, ça le réveille…on cause bécane. Causer bécane n’a jamais changé la face du monde mais ça permet de flinguer un peu de tout ce temps à perdre sur le port de La Joliette...Mon nouveau pote s’est acheté un magnum de J&B à la camionnette duty free…il arrête pas de m’en filer des coups, je commence à perdre un peu le contact avec la réalité de cet après midi pour rien…Je finis par l’abandonner, ressentant comme un besoin urgent de mettre de la nourriture dans mon petit corps imbibé. J’abandonne donc ma moto à la vigilance belge pour quitter le port par une porte dérobée …c’est comme ça que je finis devant un couscous avec mon ordi et ma tête embrumée…Il est bientôt quatre heures…je vais peut être retourner sur le port voir si le temps a passé un petit peu là-bas aussi.

Suivront deux heures interminables d’attente finale avec mistral et nuit tombée puis le Carthage est enfin arrivé. Il a largué sa cargaison ensuite comme d’habitude, les bécanes se sont glissées en prem’s pour venir s’ancrer tout près de la porte de sortie, place judicieuse s’il en est puisqu’elle permet à l’arrivée d’économiser un temps et des poumons précieux. Je suis peinard tout seul dans ma cabine, je regarde au loin les lumières de Marseille qui s’éloigne .

Je devrais peut être essayer de retrouver le belge qui doit encore avoir de cet excellent somnifère à quarante degrés.

Le lendemain, le bateau est arrivé au port de La Goulette  avec juste six heures de retard…Denis m’attendait à la sortie pour m’emmener directo manger un poisson dans un petit resto puis il m’a déposé dans la maison d’une copine peintre…une maison rien que pour moi à peine posé le pied sur le sol africain ! Souvent on râle contre le temps qui passe et qui laisse s’accumuler sur nos tronches un tas de creux, de cernes et de rides ,un tas de circonvolutions charnelles qui nous marquent la tronche chaque année un peu plus. Mais les années qui s’accumulent nous permettent aussi de retrouver à Tunis un pote rencontré au Gabon quelques années plus tôt…et sans dec, ça,j’te jure, ça vaut toutes les cernes du monde !

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caillante_portuairele_bateaumes_pompes

 

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20 novembre 2005

pas de gribouillis

Les cybercafés du désert sont équipés de vieilles bécanes au gazogène...plus moyen  d'y rentrer les dessins et les photos soigneusement stockés sur mon portab tout neuf...seul persiste l'accès aux mots et c'est peut être l'essentiel...
Donc à quatre cent bornes de Tunis et cent cinquante de la frontière algérienne je continue à descendre...à plus tard...

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  J’ai quitté beaucoup trop vite ceux qui m’avaient si bien accueilli dès mon arrivée, mais j’ai rencard à la douane six cent bornes plus bas, alors me voilà parti. J’ai tracé inexorablement à travers les plateaux montagneux un peu tristus avec les labours d’hiver déjà terminés. Un mec s’est arrêté près de moi à l’occasion d’une petite pause ; il m’a offert une bière et on a causé de Sarkozy. Il y a cinq ans, on me parlait de Zidane et de la coupe du monde, maintenant c’est Sarko et la fin du monde…Les temps changent mais ce nouveau sujet, bien que plutôt sordide est plus inspirant que le ballon rond. On a trinqué aux lendemains meilleurs que nous ne verrions jamais et chacun a repris sa direction. Je suis arrivé à Gafsa avec la nuit…Quatre cents bornes en une aprème, à ce rythme-là je serai à Ouaga dans une semaine…Heureusement, la suite du parcours risque d’être légèrement plus compliquée . A Tozeur, je fais rien que m’arrêter parce qu’il y a un cybercafé où on peut brancher les ports USB…je vais continuer pour m’éloigner un peu de cette magnifique Oasis devenue haut lieu du tourisme de masse…Les hôtels ont poussé partout plus moches les un que les autres avec leurs dizaines de quads garés devant …Il paraît que ça a foutu par terre toute la fragile économie de l’Oasis qui se meurt de ne plus avoir assez de flotte ; c’est que ça en consomme de l’eau un touriste au bord d’une piscine en plein désert !

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  J’ai quitté beaucoup trop vite ceux qui m’avaient si bien accueilli dès mon arrivée, mais j’ai rencard à la douane six cent bornes plus bas, alors me voilà parti. J’ai tracé inexorablement à travers les plateaux montagneux un peu tristus avec les labours d’hiver déjà terminés. Un mec s’est arrêté près de moi à l’occasion d’une petite pause ; il m’a offert une bière et on a causé de Sarkozy. Il y a cinq ans, on me parlait de Zidane et de la coupe du monde, maintenant c’est Sarko et la fin du monde…Les temps changent mais ce nouveau sujet, bien que plutôt sordide est plus inspirant que le ballon rond. On a trinqué aux lendemains meilleurs que nous ne verrions jamais et chacun a repris sa direction. Je suis arrivé à Gafsa avec la nuit…Quatre cents bornes en une aprème, à ce rythme-là je serai à Ouaga dans une semaine…Heureusement, la suite du parcours risque d’être légèrement plus compliquée . A Tozeur, je fais rien que m’arrêter parce qu’il y a un cybercafé où on peut brancher les ports USB…je vais continuer pour m’éloigner un peu de cette magnifique Oasis devenue haut lieu du tourisme de masse…Les hôtels ont poussé partout plus moches les un que les autres avec leurs dizaines de quads garés devant …Il paraît que ça a foutu par terre toute la fragile économie de l’Oasis qui se meurt de ne plus avoir assez de flotte ; c’est que ça en consomme de l’eau un touriste au bord d’une piscine en plein désert !

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22 novembre 2005

El Oued le 22 novembre

Non, vraiment, le blog c'est fait pour la DSL et les ordis super modernes...j'ai pas l'air con avec mon matos qui tue mais je tiens néanmoins à assurer une sorte de service minimum pour ceux qui suivent pas à pas...Plus d'un jour pour sortir du village douanier, c'est une sorte de reccord et en plus rien de ce que je pensais  pouvoir faire ne semble autorisé par la police qui surveille bien étroitement tout déplacement de touriste égaré...je  ne sais pas trop comment je vais retrouver Ghaliou, mon guide rencardé depuis Montpellier pour aller vers un secteur dont on m'interdit formellement l'accès... J'arrive à avancer quand même un peu mais je ne sais pas vraiment vers où...Dès que je peux, je balance des photos et des commentaires plus détaillés sur les passionnantes journées dans les postes de douane!

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23 novembre 2005

Ouargla, un peu plus loin...

Nefta c’est l’oasis suivante. Elle a l’avantage d’être plus proche de la frontière et moins envahie de touristes. A l’entrée, il y a l’hôtel conseillé par mon bouquin fermé et en ruines depuis plus de dix ans ; C’est con les vieux guides, déjà que les récents se démodent très vite alors, un de quatre vingt sept, évidemment, ça ne peut être que d’une fiabilité un peu branlante ! Ici, il n’y a pas cette enfilade d’Holidays Inns et de Palm Beachs avec vue sur le Chott el Jerid, la grande plaine qui a du être un lac du temps de la guerre du feu.

Il y a bien deux gigantesques hôtels modernes qu’on croirait presque abandonnés ; dans les halls d’entrée on y croise le même genre de bedonnants spécimens rougeauds en shorts kakis que dans les lodges kenyans…j’le sens pas , je me rabats sur la vieille ville.

Le choix y est très limité : à part chez Habib, y’a rien d’autre ! La literie est suffisamment peu engageante pour me faire sortir le duvet mais au moins, ici, y’a pas de cafards comme hier à Gafsa. On a rangé la bécane dans le bistrot d’en face qui ouvre demain à six heures, ça tombe bien, il faut que je décolle tôt pour affronter les douanes algériennes.

 

Tu parles d’un affrontement…arrivé dès l’aube a la frontière, je découvre que mon guide n’est pas là et que je ne peux faire aucune formalité sans sa présence.

Maintenant en Algérie, il sont tellement tatillons avec les règlements de circulation que même aller pisser, on a pas le droit de le faire sans guide …ça commence pas terrible.

Je finis par apprendre par, sans doute, un autre guide que je ne reverrai pas, que mon mien à moi a eu un contretemps et qu’il n’arrivera qu’en fin de journée . Entre bosser à mes scénarios, faire quelques caricatures et même bouffer le couscous avec le chef de brigade, je tue le temps comme je peux. J’ai même rempli des fiches de police pour un pépé qui ne savait pas lire, j’aurais pu aussi louer des stylos mais mon guide a fini par arriver et m’expliquer un tas de choses que j’ignorais encore totalement. D’abord, le parcours que je voulais faire est devenu interdit à la circulation , c’est con parce que c’est sur ce trajet-là que mon guide nigérien doit me récupérer et je ne sais pas comment le joindre.

Deux seuls trajets sont autorisés ; celui que j’ai emprunté il y a cinq ans et que je n’ai pas trop envie de refaire avec un guide imposé dont je ne suis pas sûr d’arriver à me faire un pote et celui par le Mali, qui me tentait bien au début mais on m’avait dit à Montpellier qu’il était interdit et c’est même pour ça que j’ai pris un guide nigérien !

Ce guide nigérien n’a de plus aucune raison d’aller au Mali et en plus je l’ai déjà payé pour me balader au Niger, mon guide algérien a signé à la police un engagement officiel pour m’emmener par un parcours précis qui n’a pas l’air très réalisable et là je commence à en avoir un peu plein le cul de ne pas trop pouvoir prévoir sur quel parcours je vais aller cramer mes pneus , mais n’est-ce pas ça, après tout qu’on appelle l’aventure ?

Deux jours plus tard me voilà   cinq cents bornes plus au sud, le principal , c'est de progresser un peu chaque jour et dece point de vue-là, finalement la mobilité revient mais pas trop de nouvelles précises de Ghaliou...

Ouargla...toujours pas d'images, mais ,putain, ça avance quand même !!

 

 

Posté par ptiluc à 14:58 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 décembre 2005

salut tout le monde

Mer voilà à Gao, à côté de Tombouctou, sur le fleuve Niger, j'essaye tout de suite de vous balancer mes chroniques et peut être même les dessins, j'ai quelques heures à perdre ici, je devrais y arriver!

Posté par ptiluc à 19:22 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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