09 janvier 2006

quelques images et quelques news

vir_e_ktm1Samedi, septième jour de janvier …

Je ne suis plus à Lagos ; me voilà en pleine forêt au milieu d’une immense palmeraie avec piscine et tennis… c’est comme ça un voyage désorganisé, c’est rien que de la surprise...

On m’avait dit d’arriver à six heures et après la sortie de Lagos et quatre cents bornes de route, je suis arrivé pile à l’heure devant le portail de la Okomu Oil Palm Company. La vingtaine de barrage de flics s’est passée sans encombre, je crois qu’avec la route africaine , je finis sans doute par avoir une vraie expérience de pro.

C’est quoi votre métier ?

Je suis passeur de barrages de keufs.

Ouah, sacré job…et y’a des études pour ça ??

Ah non, il faut être un pur autodidacte. On apprend ça sur le tas et comme à Lagos, il y a justement des tas de tout, c’est très bon pour progresser vers la Maîtrise.

D’ailleurs quand au consulat du Cameroun, on m’avait dit d’être là à onze heures et qu’à dix je repartais refaire des photos de la ville , je pensais bien jouer avec le feu de la ponctualité.

Bloqué sur Carter Bridge, au milieu d’un inextricable nœud de bagnoles et de foule, je me disais que ça se compliquait un peu….Et bien,non…j’y suis arrivé pile à l’heure, mais je n’ai toujours pas compris comment.

Si je suis ici c’est grâce à la grande chaîne de l’amitié des Français du Nigéria .

A Ikohy, le quartier chic de la grande ville poubelle, il y a un immeuble bien gardé où sont logés tous les français qui bossent dans le circuit consulaire.

Pierre, qui m’avait ramené de Cotonou, m’a logé deux jours. Pierre travaille au consulat dans le secteur de la collaboration cinématographique franco-nigériane. Il a vu plein de films d’ici, il m’en a même montré un aperçu et maintenant je sais que Pierre est un vrai héros.

Personne ne peut regarder un film nigérian plus de dix minutes sans être doté de super- pouvoirs.  Avant, Pierre a bossé longtemps dans le journalisme. Basé au Bénin, il pouvait produire des films documentaires sur le Nigéria qui passaient à la télé mais pas sur TF1.

C’est d’ailleurs pour ça qu’il connaît toutes ces histoires d’émeutes Miss Monde ou de pute

au pays de la Charia. Quand Fanta et leurs trois filles sont revenues à la maison, j’ai déménagé au second, chez Raphaël. Raphaël bosse au service des visas. Il est une des deux barrières que doit affronter le nigérian moyen qui voudrait aller photographier la tour Eiffel.

L’appartement de Raphaël est rempli de slips sales et de disques de Mike Brant et C.Jérome.

Avant de passer des tas d’exams, il était attaché commercial du Cirque Amar…il connaît des tas de trucs sur le salaires des dompteurs, les accidents des trapézistes et les tentatives tordues des mafieux nigérian pour essayer de décrocher un visa.

Au premier, il y a Fabrice et Sophie qui sont Volontaires du Progrès , donc jeunes et du coup, plus portés sur les fêtes entre potes où ça boit des coups…

J’ai même poussé une reconnaissance au troisième parce que Bernard voulait toujours me montrer ses photos et sa carte d’Afrique…

Le consul est un fan de BD , et le jour où j’ai fini par me décider à partir, il m’a invité dans son grand bureau pour boire un café avec des chocolats.

J’aurais sans doute pu recommencer ma vie à Lagos, la ville poubelle qui ressemble tant aux décors de mes histoires de rats…

Mon deuxième petit tas de part de moi-même était là, devant moi, il me disait de rester encore que c’était le Week end , que j’étais pas à trois jours près.

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Mais il faut repartir, c’est comme ça…Fabrice m’a filé l’adresse d’Olivier dans la palmeraie.

Ils se sont connus sur le blog lagosien de Fabrice…c’est toujours la grande chaîne…

Olivier aime bien quand il y a des motards qui passent…il en profite toujours pour sortir sa KTM et foncer dans la jungle. La KTM, c’est une moto autrichienne qui globalement a la même puissance que la mienne mais deux fois moins de kilos. Je suis comme je peux, je me vautre sur une souche et on rentre sous un orage tropical.

Ce soir-là, j’ai chopé la crève, mais bon ça ne m’a pas empêché de repartir le lendemain.

On reprend l’autoroute, on zappe quelques contrôles…Pourquoi je parle à la troisième personne, moi, je me prends pour Alain Delon ou quoi ?

le_pont_sur_le_niger

BeninCity est une ville un peu encombrée qui se traverse sans trop d’encombre.

Cent bornes plus loin, il y a Aroutcha déjà nettement plus agitée mais après Lagos, plus rien n’a vraiment l’air agité. La ville a mauvaise réputation parce qu’elle borde la zone sud, le secteur du pétrole où personne ne s’aventure en touriste. De plus, c’est au bord du Niger, donc il y a une vieille tradition de grand marché un peu nerveux. Il est, paraît-il, déconseillé de s’y arrêter, je suivrai donc les conseils, de toute façon, ça ne donne pas trop envie de s’y taper une villégiature. En fin d’aprème, j’arriverai chez Julien, de l’Alliance Française, rencontré à Lagos trois jours plus tôt…on va se taper une bière ( ou deux) et des brochettes coriaces dans un endroit plein de téloches avec des matchs de foot et de gros morceaux de rap…

Routine africaine… la crève me regagne…yoooh…

Posté par ptiluc à 16:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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