22 décembre 2005

histoires de vies à Ouagadougou

Quand il ne travaille pas à la bibliothèque, Fabrice vit entre Laura et téléfoot. Dans sa maison ronde des faubourgs de Ouagadougou, il allume la télé dès six heures du mat des fois que Saint Etienne aurait marqué un but contre l’Olympique Lyonnais pendant la nuit sans que personne ne l’ait tenu au courant. Je me demande parfois si je ne suis pas venu passer un stage d’initiation au foot plutôt qu’en animer  un de BD.
Coupe, championnat , Derby…tous ces termes n’ont plus de secret pour moi, je me suis même surpris à regarder une mi-temps complète et l’émission « on refait le match » , mais que mes proches se rassurent , il s’agit là d’une initiation  du premier cycle et je ne sombrerai pas plus dans le supportariat que dans le Vaudou pour lequel Hector m’a proposé une initiation   similaire dès mon passage à Cotonou. Laura s’appelait  Assita   mais a, de son plein gré, changé de nom et de religion pour s’éloigner de sa Ouahigouya natale, le pays de la carotte, capitale du nord du pays .
Je suis passé par là en arrivant après un tranquille passage de douane grandement facilité par la passion  du fonctionnaire présent pour les motos allemandes. Du pays de la carotte, je ne retiendrai rien sinon qu’il y faisait très chaud et que c’est là que j’ai grillé mon premier péage.
Il y a des péages un peu partout au Burkina. Ils sont toujours équipés d’un petit passage sur le côté pour les piétons, les vélos et les petites motos. J’ai très vite compris que les grosses motos pouvaient s’y glisser très facilement mais je ne suis pas vraiment certain que ça soit autorisé ; mais il y a tellement peu de grosse motos ici qu’il se peut très bien que m’ont audace fasse en quelque sorte office de jurisprudence.
Fabrice vit donc depuis un an avec Laura, Romain son pote avec Axelle, sa petite fille Mozambicaine dont la maman est restée au pays. Nadège habite la maison de  Ali qui ne vit plus avec elle quant à l’autre Nadège son mec qu’elle a connu en poste en Haïti vit au Canada,
histoire de vraiment simplifier les choses . Au gré des postes aux quatre coins du monde, les couples se font et se défont, se laissent gifler par l’Harmattan ce vent sec et froid qui amène du désert des bourrasques sableuses qui dessèchent tout sur leur passage. 
Au centre culturel, le stage s’écoule tranquillement et après le troisième jour Hector retourne à Cotonou, Fabrice emmène Laura à Paris et je me retrouve tout seul dans la maison.
Putain, c’est moi qui fait un voyage,non ? Là, d’un coup, je me retrouve à être celui qui reste, celui qui souhaite bon voyage à tous les autres et qui referme la porte.
Y’a un truc qui colle pas…Il faut vraiment que je décroche très vite ce visa pour le Nigéria.

on_refait_le_match

Posté par ptiluc à 19:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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