12 décembre 2005

De Mopti à bandiagara

un_nuit_sur_la_falaiseDe Mopti jusqu’ à Bandiagara, c’est un belle route goudronnée pendant juste une soixantaine de bornes…Aujourd’hui j’ai opté pour une authentique étape de nain. Je voulais m’arrêter dans une auberge un peu plus chic que d’hab avec bon resto et pistoche, mais pas de bol, c’était complet. J’ai quand même profité de la piscine et du resto en me disant qu’un peu plus tard, à la fraîche, je descendrais au pied de la falaise Dogon où mes nouveaux potes de Mopti m’avaient indiqué deux campements avec des cases où je serais super bien pour essayer de retrouver l’inspiration. De toute façon, il était naze ce bouclard pistoché. On y trouvait que des vieux bedonnants rougeauds et en plus, impossible de faire le malin avec ma bécane, un jeune Suisse blond venait de débarquer de Genève en ULM et même si j’avais mis moins de temps que lui pour arriver, la concurrence était trop rude. On a un peu causé mécanique en comparant nos carburateurs de la même marque « Bing » puis il m’a raconté son périple. DANS un coin de Mauritanie on, l’a accueilli sur la piste avec une automitrailleuse et puis à Bamako, à cause d’une erreur de la tour de contrôle, il a failli se retrouver dans un orage à l’atterrissage. Du coup, comme il fallait qu’il se pose vu qu’il avait grand besoin d’essence, il a fait ça, au pif, dans une rue de Bamako où tout le quartier l’a aidé à tenir ses ailes en toiles après qu’il se soit posé pour pas que les violentes rafales de vents lui pètent tout son matos. A l’aéroport, ils croyaient, super paniqués, qu’il s’était écrasé quelque part. Quand ils l’ont localisé, il lui ont dit de revenir, qu’ils étaient désolés et tout. Lui, tel un Mermoz suisse, il a redécollé de sa rue et , comme la nuit était en train de tomber, ils ont été obligé de lui allumer tous les spots de la grande piste des Boeing pour qu’il puisse revenir à bon port. Il m’a raconté, et je veux bien le croire, l’intense moment que ce fut quand il a posé son mini coucou devant tous les gros zincs en attente de son arrivée. Après, il est parti essayer son engin au dessus de Bandiagara et moi j’ai repris la route. Après Bandiagara, il faut prendre une piste de vingt bornes pour arriver à la falaise. C’est une jolie petite route en terre rouge coupée par de multiples passages à gué soigneusement pavés qui serpentent au milieu des champs d’oignons et des premiers patelins Dogons facilement reconnaissables à leur dégaine de villages schtroumpfs. Arrivé en haut de la falaise, je me suis posé pour regarder le paysage de savane à l’infini, puis j’ai commencé à bouquiner et la nuit est arrivée, alors je me suis mis à chroniquer sur mon ordinateur . Et j’y suis toujours…Une chaleur sourde suinte de toute cette masse rocheuse sombre . Au-dessus, il y a une demi-lune qui brille. Je suis presque certain que jamais personne n’a tapoté sur un clavier dans un endroit pareil. Dans quelques instants, je vais éteindre la machine et carrément m’effondrer sur place, cette roche chaude donne une sacrée envie de juste étendre une natte et regarder les étoiles en attendant le paysage infini au petit jour.

Posté par ptiluc à 11:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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