19 novembre 2005

une p'tite traversée

C’est ça la magie de l’informatique et de mon nouvel asservissement à la technologie du blog : à l’heure où j’aurais dû me retrouver dans ma cabine sur mon bateau pour Tunis, me voilà échoué un peu bourré dans un rade sur le port de Marseille à me bouffer un couscous pourri en regardant passer le temps !

Donc voilà, ce matin je suis arrivé à l’entrée du port, y’avait un mistral à décorner un chopper, et j’ai appris que le bateau avait au moins six heures de retard….

Bon, c’est toujours comme ça les débuts de voyages, on est tout de suite confronté à des petits incidents qui te propulse immédiatement dans une réalité différente ; celle de l’ailleurs, de l’imprévu, du nomadisme chaloupé.

J’ai donc été me balader dans Marseille ; J’avais comme consigne de revenir avant deux heures pour le contrôle des douanes . au retour la porte du port était fermée…Super, un petit coup d’adrénaline avant le désert. Il a fallu un peu enquêter pour trouver un accès au port par une autre entrée. A moto, c’est plus simple, on peut remonter les files en sens interdit ou passer par les petits portails pour piétons.

Je me retrouve donc, après une demi heure dans la queue des bagnoles que je remonte discrètement jusqu’au début. Il y a là un motard belge plutôt bon garçon quoique que pas très cérébral quand même. Il roupille auprès de sa BM flambant neuve, il est descendu en une étape nocturne, accroché à ses 170 chevaux, alors il est un peu fatigué… Je me gare à côté, ça le réveille…on cause bécane. Causer bécane n’a jamais changé la face du monde mais ça permet de flinguer un peu de tout ce temps à perdre sur le port de La Joliette...Mon nouveau pote s’est acheté un magnum de J&B à la camionnette duty free…il arrête pas de m’en filer des coups, je commence à perdre un peu le contact avec la réalité de cet après midi pour rien…Je finis par l’abandonner, ressentant comme un besoin urgent de mettre de la nourriture dans mon petit corps imbibé. J’abandonne donc ma moto à la vigilance belge pour quitter le port par une porte dérobée …c’est comme ça que je finis devant un couscous avec mon ordi et ma tête embrumée…Il est bientôt quatre heures…je vais peut être retourner sur le port voir si le temps a passé un petit peu là-bas aussi.

Suivront deux heures interminables d’attente finale avec mistral et nuit tombée puis le Carthage est enfin arrivé. Il a largué sa cargaison ensuite comme d’habitude, les bécanes se sont glissées en prem’s pour venir s’ancrer tout près de la porte de sortie, place judicieuse s’il en est puisqu’elle permet à l’arrivée d’économiser un temps et des poumons précieux. Je suis peinard tout seul dans ma cabine, je regarde au loin les lumières de Marseille qui s’éloigne .

Je devrais peut être essayer de retrouver le belge qui doit encore avoir de cet excellent somnifère à quarante degrés.

Le lendemain, le bateau est arrivé au port de La Goulette  avec juste six heures de retard…Denis m’attendait à la sortie pour m’emmener directo manger un poisson dans un petit resto puis il m’a déposé dans la maison d’une copine peintre…une maison rien que pour moi à peine posé le pied sur le sol africain ! Souvent on râle contre le temps qui passe et qui laisse s’accumuler sur nos tronches un tas de creux, de cernes et de rides ,un tas de circonvolutions charnelles qui nous marquent la tronche chaque année un peu plus. Mais les années qui s’accumulent nous permettent aussi de retrouver à Tunis un pote rencontré au Gabon quelques années plus tôt…et sans dec, ça,j’te jure, ça vaut toutes les cernes du monde !

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caillante_portuairele_bateaumes_pompes

 

Posté par ptiluc à 10:22 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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